Samedi 19 Mai 2012
   
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Conseil Economique Social et Culturel de Saint Martin

ETUDE

Le projet de

"Pays Saint-Martin"


Le Président du Conseil économique, social et culturel

Le Conseil Economique, Social et Culturel (CESC) de Saint-Martin considère que sa contribution au schéma de développement de la collectivité de Saint-Martin serait l’élaboration d’un document qui viserait à susciter une réflexion plus approfondie, un débat fécond qui nourrirait l’élaboration d’un de développement original et intelligent de l’espace saint-martinois.

Bien que l’évolution statutaire soit aujourd’hui un fait, force est de constater que 20 mois plus tard nous sommes encore dans une sorte de « hinterland » où les incertitudes les plus diverses semblent peser de tout leur poids.

La nouvelle collectivité a dû reprendre les compétences de la commune, du département et de la région et a vu son champ d’intervention amplifié. A cet effet, l’arsenal potentiel de ses moyens d’action pour mener à bien ses objectifs devra se révéler plus conséquent.

Quel moyen pour la mise en place d’un véritable projet de société, l’élaboration d’une charte de développement en adéquation véritable avec les contraintes et réalités locales, la détermination d’un projet de pays qui serait un véritable acteur de développement du territoire de Saint-Martin ?

Il est ressorti des divers échanges avec les différentes composantes de la population – associations, clubs sportifs, fondations, fédérations, congrégations religieuses, services publics,…- que les habitants de Saint-Martin veulent :

1 - Une collectivité qui se maintienne dans le cadre de la République Française.
2 - Une collectivité qui soit génératrice de progrès et d’avancement et qui garantisse l’ensemble des droits sociaux.
3 - Une collectivité qui soit un espace démocratique, veillant au respect des Droits de l’Homme et du Citoyen, du Suffrage Universel, et de toutes les libertés individuelles.
4 - Une collectivité qui ait pour fondement le développement économique durable et contrôlé.
5 - Une collectivité dont l’adaptation de la fiscalité contribuera au développement en qualité de moyen privilégié.
6 - Une société équitable fondée sur le droit au travail avec une attention particulière portée à la jeunesse.
7 - Une société basée sur la solidarité, la responsabilité et la dignité afin de consolider et maintenir la cohésion sociale.
8 - Une collectivité qui protège et promeuve ses valeurs patrimoniales tant environnementales qu’identitaires.
9 - Une collectivité qui définisse la nature de ses relations avec l’Europe.
10 - Une collectivité qui tire profit de la coopération qu’elle entretien avec son environnement caribéen.

Aujourd’hui, nous devons caractériser l’espace saint-martinois par une cohésion géographique, économique, culturelle et/ou sociale et définir le « Pays Saint-Martin » comme étant un territoire sur lequel les acteurs définissent eux-mêmes leur projet de développement global et prospectif.

LE PAYS, "TERRITOIRE DE PROJETS"

Par « Pays », nous voulons entendre avant tout un cadre d’action collective et de partenariat et non une institution ou un échelon administratif supplémentaire. Saint-Martin doit élaborer son projet de territoire qui serait résumé dans une Charte de Pays, sorte de fil conducteur, qui fixera les grandes orientations et les principaux objectifs, à un horizon minimal de 10 ans.

Cette charte de pays devra déterminer un projet commun de développement durable répondant aux recommandations de l’agenda 21 de Saint-Martin : équité sociale, efficacité économique, amélioration de l’environnement.

La charte sera conçue par le « Conseil de Développement » (selon les dispositions de la loi « Voynet » de 1999 (LOADDT)) et offrira la possibilité au « Pays Saint-Martin » de signer un contrat de projet avec l’Etat, qui traduira en termes opérationnels les orientations de la charte, par des moyens budgétaires spécifiques.
Les principales orientations du Pays Saint-Martin et ses actions concrètes pourraient s’inscrire dans trois grands domaines d’intervention :

1 - Le développement économique : appui à la création ou reprise d’entreprise, formation professionnelle, accueil touristique, restructuration des tissus artisanaux et commerciaux, promotion d’une agriculture de qualité, etc.
2 - L’organisation des services : développement des nouvelles technologies, mise en réseau d’équipements collectifs, organisation des services de proximité, organisations des transports collectifs, etc.
3 - La gestion de l’espace : protection du paysage, promotion des énergies renouvelables, qualité de l’eau, etc.

Le Pays au sens de la loi est un lieu idéal pour prendre en compte les enjeux plus locaux, propres au territoire : équilibre des espaces littoraux, relations transfrontalières, maîtrise de la pression immobilière, maintien de l’activité dans des espaces de faible densité, construction d’une infrastructure nouvelle majeure (port, nouveaux axes routiers….). Le projet de territoire permet en cela de doter la collectivité d’un outil précieux pour l’aménagement du territoire.

La souplesse offerte par l’article 74 permet une adaptation des politiques publiques aux réalités locales.

Il est urgent que naisse un nouveau et vrai discours politique, lucide et pragmatique, qui traduise une véritable volonté de changement et un exercice rénové de la démocratie locale.
Il importe que l’ensemble des citoyens, les forces politiques, syndicales, socioprofessionnelles, redécouvrant l’engagement militant, redécouvre la réalité du contexte social, sans complaisance et sans esprit partisan, sans tentative de récupération. Il s’agit de construire une communauté nouvelle et solidaire qui puisse assurer son avenir et son développement.

Ce travail de lucidité, d’analyse et de vérité doit s’inscrire dans une ouverture démocratique qui fait appel à toutes les volontés, à toutes les compétences…

SAINT-MARTIN sera demain l’œuvre de toutes les communautés ou SAINT-MARTIN ne sera plus !

A partir de notre analyse, de cette réflexion sociologique et politique, de cet exercice d’introspection et de vérité, se dégagera une recomposition sociale, un choix politique, un choix de développement en opposition au clientélisme, au discours ethnique et partisan, au discours nationaliste… Notre objectif est de construire une société ouverte, solidaire et tolérante.

Le Président du CESC,
Georges GUMBS

 

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