AVIS Sur le projet de délibération n°6 - Redynamisation de Marigot

REPUBLIQUE FRANCAISE
COLLECTIVITE DE SAINT-MARTIN

Conseil Economique Social et Culturel de Saint-Martin
cesc saint martin

AVIS

Sur le projet de délibération n°6
Redynamisation de Marigot

Saisine du Conseil Territorial de Saint-Martin

Rapporteur : Bernadette DAVIS
1ère Vice-Présidente du Conseil économique, social et culturel

Avis émis en plénière le Mardi 16 juin 2015

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AVIS 07-2010 - Projet de Développement et d’Aménagement du Front de Mer de Marigot

REPUBLIQUE FRANCAISE
COLLECTIVITE DE SAINT-MARTIN

Conseil Economique Social et Culturel de Saint-Martin
cesc saint martin

AVIS

Sur le projet de délibération
"Développement et d’Aménagement du Front de Mer de Marigot"

Auto Saisine du Conseil Territorial de Saint-Martin

Rapporteur : Georges GUMBS
Président du Conseil économique, social et culturel

Avis émis en plénière le 13 octobre 2010N°07/2010

Le Conseil économique, social et culturel de Saint-Martin,
Vu la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l’outre-mer,
Vu l’article LO 6323-3 de la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l’outre-mer,
Vu la loi d’orientation n° 92-125 du 6 février 1992 relative à l’administration territoriale de la République,
Vu la présentation faite en date du 12 octobre 2010 du projet de « Développement et d’Aménagement du Front de Mer de Marigot»par le Pôle de Développement économique sur laquelle le CESC a souhaité émettre un avis ;

Vu l’avis de la plénière du 13 octobre 2010 ;

Emet, lors de la séance plénière du 13 octobre 2010, l’avis dont la teneur suit :

I – OBJET DE LA SAISINE

La présente auto saisine du Conseil économique, social et culturel de Saint-Martin, a pour objet l’émission de son avis sur le «Projet de Développement et d’Aménagement du Front de Mer de Marigot».

II – OBSERVATION ET PROPOSITIONS

Après avoir échangé avec le 1er vice-président et ses techniciens, le Directeur général du Port de Galisbay, le Directeur général administratif du Pôle de développement économique et la Directrice du Tourisme.
Vu le dossier de présentation du projet de développement et d’aménagement du Front de Mer de Marigot produit par le pôle de Développement économique. Le Conseil économique, social et culturel après avoir débattu sur l’objet de ce projet dit ce qui suit :

Introduction

Le Projet d’Aménagement du Front de Mer de Marigot présenté le 12 octobre 2010 au CESC, « définit certaines des orientations stratégiques de la COM en matière économique. Il vise à promouvoir un développement économique du territoire, à développer l'attractivité de son territoire et à prévenir les risques d'atteinte à l'équilibre économique de tout ou partie de la Collectivité d’outre mer de Saint-Martin. »

La loi du 13 août 2004 prévoit que tout schéma de cet ordre doit prendre en compte les orientations stratégiques arrêtées par la COM et les acteurs économiques et sociaux du territoire.

Le CESC se félicite d’une telle démarche qui constitue l’occasion pour le Pôle économique de la COM de Saint-Martin de renforcer son action en matière de développement économique et de jouer un rôle de premier ordre dans le déploiement et la mise en œuvre des politiques économiques saint-martinoises.

Le CESC fait sienne l’analyse faite durant cette présentation, des atouts à valoriser de la COM de Saint-Martin, ainsi que celle des défis à relever qui lui sont opposés.

Le CESC insiste tout particulièrement sur la nécessité d’une mise en cohérence de ce Projet avec les intentions arrêtées concernant le reste du territoire de la COM, avec les différents schémas existants et, surtout, à venir, et ce, pour des raisons d’efficacité et de lisibilité des politiques publiques.

Le CESC formulera ses remarques et réflexions en respectant la logique du projet présenté et essaiera, autant que faire se peut, d’aborder les domaines non appréhendés au sein de ce Projet d’Aménagement.

Propos Liminaires

Le CESC prend note de l’annonce claire de la définition d’un « programme d’action opérationnel qui serait conforme au Programme de politique générale adopté en début de mandature par le conseil territorial ».

Le CESC, au regard de la morosité économique actuelle, souhaite insister sur la nécessité de mettre en place dans les meilleurs délais des actions concrètes de développement économique et espère que le projet présenté ainsi que d’autres projets, pourront entrer en vigueur rapidement.

I– Le nouveau cadre de l’action économique du territoire de la COM

A. Une démarche : le développement durable

Le CESC est satisfait de voir que la logique annoncée de développement durable doit constituer le cœur même de la démarche visant à arrêter le nouveau cadre de l’action économique territoriale.

Il aurait cependant souhaité voir davantage prise en compte la traduction de cette notion de développement durable au sein de ce projet d’aménagement du Front de mer de Marigot.

B. Créer un cadre intégré et coordonné pour une nouvelle approche du développement économique

Le CESC considère que la présentation qui a été faite par le Pôle du Développement économique dans le projet d’aménagement du front de mer de Marigot laisse place à des interprétations diverses et aurait apprécié que des éléments plus précis aient été fournis.

Le CESC souhaite que sur cette question, il lui soit accordé en sa qualité de Conseil de constituer de manière effective un levier de coordination entre tous les acteurs de développement économique et social, les divers organismes et les entreprises.
Il estime que relativement à ce projet, il peut assurer une réelle expertise et apporter une plus-value, sous l’angle économique, à la politique territoriale.

Le CESC est une institution, un outil politique par sa composition, son organisation, un outil technique et fédérateur par ses compétences et ses prérogatives qui englobent et unifient celles éclatées aujourd’hui entre les divers intervenants institutionnels ; le CESC est un outil technique par sa mission de mise en synergie, pour le compte de la collectivité, de l’ensemble des autres initiatives publiques.
Cette assemblée constitue le lieu effectif de la gouvernance des actions de développement économique.

Le CESC rappelle qu’un projet d’une telle envergure devrait représenter pour le territoire tout entier, comme pour l’ensemble des acteurs économiques et sociaux, un moment de large concertation, d’échange, de mobilisation et considère comme primordial d’organiser au mieux le pilotage et la gouvernance de ce projet, preuve de l’association de tous et de clarté dans le jeu des acteurs.

Le CESC estime que la bonne gouvernance de ce projet est un élément essentiel pour qu’il soit réalisé dans les meilleures conditions et considère comme impératif que soient détaillés de manière précise les contours de cette gouvernance qui se devra d’être partagée et voulue.

Le CESC insiste également sur la nécessité d’aboutir à une reconnaissance collective des rôles de chaque partenaire à ce projet.

Par ailleurs, le CESC prend acte de la volonté affichée par le 1er vice-président en charge du Pôle de développement économique d’associer l’ensemble des acteurs socio-économiques aux instances de concertation et de contrôle présentées dans le cadre de ce projet.

Il s’interroge cependant sur les moyens qui seront mis à disposition des différents acteurs économiques, sociaux et associatifs pour permettre à ces derniers de consacrer le temps nécessaire à cette mission et assurer ainsi une représentation équilibrée au sein de ces instances, libérés de toute contrainte financière.

Le CESC approuve la volonté manifestée de rencontrer les conseils de quartiers sur ce projet et de le leur présenter. Le CESC ne peut qu’accueillir favorablement la volonté du 1er vice-président d’instaurer un « organe consultatif et un espace démocratique au niveau local », sur lequel le projet trouvera appui afin de discuter la territorialisation de ses politiques en matière économique.

II – Enjeux stratégiques

A. Favoriser le développement durable et harmonieux de Saint-Martin

Le CESC se félicite donc de voir apparaître la problématique du développement durable et harmonieux comme l’un des enjeux stratégiques retenus par le projet présenté par le 1er vice-président Daniel GIBBS. Pour autant, le CESC tient à formuler un certain nombre de remarques.

Le CESC souhaite que le 1er vice-président prenne davantage en compte les réalités du patrimoine saint-martinois ou encore du respect et de la protection du territoire.

Le CESC estime que la COM doit promouvoir une politique en adéquation avec ces réalités qui doit permettre à un maximum de Saint-Martinois de participer aux progrès souhaités par eux. Le CESC pense que c’est à cette condition que la politique territoriale obtiendra de réels résultats.

B. L’attractivité par et pour les territoires

Priorité à la formation : une main d’œuvre qualifiée aux savoir-faire reconnus comme principal facteur d’attractivité

Le CESC partage les propos tenus lors de la présentation du projet sur « la formation : levier d’accès à l’emploi et à l’épanouissement personnel », et sur l’atout que constitue une main-d’œuvre qualifiée sur le plan économique et social.

Dans ce cadre, il estime que la professionnalisation des personnels, notamment ceux portés par les structures de l’insertion par l’activité économique, devra être assurée, de même que l'accès de ces derniers à la qualification.

Enfin, le CESC insiste sur l’accès des femmes à la formation et à l’emploi ; en effet, le taux d’emploi des femmes à Saint-Martin est inférieur à la moyenne nationale.

Mener un travail sur l’image du territoire

Le CESC considère qu’il est nécessaire de renforcer l’image de Saint-Martin, tant au niveau touristique qu’économique.

Les meilleurs ambassadeurs de Saint-Martin sont les Saint-Martinois.

C’est surtout auprès d’eux que l’image de la COM doit être renforcée. Terre d’accueil touristique, Saint-Martin doit être « vendue » par ses habitants. Les efforts qui seront menés dans les mois à venir par le Pôle de développement économique amorceront ce processus d’appropriation et de responsabilisation des tous les Saint-Martinois face à cet enjeu.

Cet attachement communicatif pour le territoire conduira également à développer une culture de l’accueil chez tous les saint-martinois, fiers de leur territoire et de ses ressources, heureux d’accueillir le visiteur comme l’investisseur.

C. Valoriser dans ce projet, les activités pourvoyeuses d’emplois sur le territoire

Promouvoir l’identité touristique du territoire

Le tourisme est désormais reconnu officiellement comme activité économique à part entière dans la conception du Développement Economique du territoire de la COM.

Au delà de cette déclaration de principe, le CESC se félicite de constater que les entreprises à vocation touristique sont intégrées avec le Pôle porteur de ce projet.

Le CESC note avec satisfaction que l’axe majeur de ce projet reprend l’essentiel des intentions annoncées dans le schéma directeur de développement touristique :

L’accompagnement des projets d’équipement ne doit pas viser le seul quantitatif. Il est nécessaire que les investissements s’intègrent dans un environnement (naturel et architectural) respecté et valorisé.

Le Pays Saint-Martin est « officialisé » comme zone de pertinence des projets touristiques. Pour le CESC, cette évidence doit conduire les idées de développement à proposer l’inscription du tourisme dans une éventuelle Charte de Pays, les thématiques spécifiques à valoriser sur les territoires ne manquant pas (éléments du patrimoine…). La synergie des acteurs est le défi des prochaines années, afin de transformer le Pays en véritable « destination » au sens touristique.

Le CESC souligne que le tourisme doit s’inscrire dans une démarche globale de développement économique intégrant le commerce, l’artisanat et les services. Ce projet de développement doit être conçu de manière intégrée.

La professionnalisation de l’accueil doit être poursuivie. Pour le CESC, cela doit concerner tout autant les institutionnels (Offices de tourisme/ Direction du Tourisme), les professionnels (restaurateurs, hôteliers, commerçants…) que les bénévoles. Le CESC suggère que les uns et les autres soient sensibilisés aux potentiels touristiques du territoire.

La rédaction du Schéma territorial du tourisme de Saint-Martin est nécessaire. Pour le CESC, elle ne doit pas aboutir à une remise en cause d’un document de référence mais plutôt à la définition de priorités plus affirmées.

La carence en hébergement de qualité est soulignée. Pour le CESC, c’est l’ensemble des hébergements qui doit être développé pour permettre, dans une large gamme d’offres, de satisfaire l’ensemble des clientèles.

L’obtention de labels ou d’agréments s’impose aux entrepreneurs de l’hôtellerie. Le CESC estime que le développement du label doit être un objectif majeur.

Concevoir le projet comme gisement d’emplois et de solidarité

Le CESC constate avec satisfaction que la problématique de l’économie sociale et solidaire et des services de proximité est désormais étayée d’un certain nombre de propositions visant à accompagner le développement et la promotion des secteurs d’activité qui seront développés du fait de la réalisation de ce projet.

Au titre des démarches à initier, le CESC relève qu’une rubrique est spécifiquement consacrée à la mise en place d’actions visant à une meilleure connaissance de ces domaines. Il approuve cette initiative, qu’il appelait de ses vœux.

Le CESC précise par ailleurs qu’il travaille actuellement sur le thème de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) et qu’il a, dans ce cadre, entamé un travail préliminaire visant à mettre en évidence ce qu’est et ce que recouvre précisément un tel secteur.

Le CESC préconise :

d’une part, que la professionnalisation des acteurs de l’économie sociale et solidaire et des services de proximité, à partir d’une offre de formation de qualité, s’articule avec les centres de formation cogéré par l’OPCA concerné et la COM de Saint-Martin ;

Concernant la problématique de l’offre de formation, le CESC, particulièrement sensible à cette question, veillera à ce que cette offre soit connue de l’ensemble des habitants du territoire.

L’environnement et l’application du développement durable

Si, dans ce projet de Développement et d’Aménagement du Front de Mer de Marigot, il est fait allusion, dans l’état des lieux, aux éléments patrimoniaux naturels et construits du territoire de Saint-Martin, si dans la démarche annoncée du nouveau cadre de l’action économique, la prise en compte du concept de Développement durable est révélée, nous ne retrouvons, dans les enjeux stratégiques retenus, aucune initiative montrant l’intérêt de ces domaines pour l’avenir de la collectivité d’outre mer de Saint-Martin.
Sachant le rôle que jouent le patrimoine naturel et le patrimoine construit dans la qualité de vie, l’identité saint-martinoise et le développement du tourisme, il est inconcevable de ne pas aborder et de ne pas tenir compte du domaine environnemental, pris au sens large, dans le cadre de ce projet de Développement et d’Aménagement du Front de Mer de Marigot.

Cette façon d’appréhender le développement économique ne cadre d’ailleurs nullement avec le concept de Développement durable. Il est, dans ce projet, appliqué dans une vision dite « faible », bidimensionnelle, où seuls sont pris en compte l’Economique et le Social.

Le CESC souhaite que le Développement durable dont le principe devait être au cœur des différents enjeux stratégiques identifiés, soit réellement un fil conducteur des démarches préconisées dans ce projet.

CONCLUSION

Le CESC approuve la démarche de démocratie participative qui va présider à la validation de ce projet de développement et d’aménagement d’une portion du territoire. Ce travail avec l’implication des conseils de quartier permettra d’ouvrir le débat autour des enjeux de l’économie saint--martinoise et des perspectives d’évolution de cette dernière.

Le CESC souscrit, dans ses grandes lignes, au projet de Développement et d’Aménagement du Front de Mer de Marigot qui lui est soumis.

Le CESC note cependant que s’il s’agit d’un document d’orientations, le projet de développement et d’aménagement aurait gagné à être plus précis et plus concret sur un certain nombre de points.

Le Président du CESC,
Georges GUMBS

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