Partner hand ou Economie Sociale et Solidaire

Le CESC de Saint-Martin poursuit sa mission. Sa commission culture, patrimoine et cadre de vie, effectue un travail d’observation, de réflexion et d’analyse sur certains éléments qui font la particularité de Saint-Martin. Par ce biais, le CESC remplit l’une de ces missions qui est celle de la représentation de la société civile saint-martinoise.

Le « Partner hand » (la main partenaire) qu’est-ce donc ? C’est comme la tontine dans certains pays d’Afrique. C’est une association de personnes qui, unies par des liens familiaux, d'amitié, de profession, de « clan », et de quartier se retrouvent à des périodes d'intervalle variable - semaine, mois, trimestre, semestre, année - afin de mettre en commun leur épargne en vue de la solution des problèmes particuliers ou collectifs. Ce qu’il faut y voir, c’est que le « partner hand » une association et de là découle la conception et l’importance même du rôle de l’association loi 1901 dans la compréhension saint-martinoise. Dans un sens plus restreint, le « partner hand » est une association financière qui se crée entre des personnes, et sur une base contractuelle en vue de s'entraider.

Selon nous, le « partner hand » mérite une attention soutenue en raison de sa résistance aux mécaniques du monde moderne qui s’impose à Saint-Martin car dans bien des cas, il est un moyen de lutter contre la pauvreté en octroyant des micros crédits. Il est souvent l'affirmation et la recherche d'une identité, il est signe d'une appartenance, un outil de solidarité et de prévoyance sociale, il est en quelque sorte une sécurité sociale « à la saint-martinoise ». En outre, c’est un instrument de promotion sociale car il permet la promotion de l'habitat, l'acquisition de certains biens ou équipements domestiques (radios, télévision, groupes électrogènes, meubles, etc.). Enfin, le « partner hand » est un outil économique particulier en milieu urbain. Il aide, en fait, à former le capital des petites entreprises naissantes. Il peut favoriser également le transfert de certains capitaux collectés en villes vers les milieux ruraux : investissement fonciers, équipement solidaires, etc. L'absence de statut juridique, et l'absence de la reconnaissance légale du « partner hand » sont dans le Saint-Martin d’aujourd’hui, des faiblesses majeures du système car elles ne permettent pas le recours à la protection de la loi en cas d'abus. Pour les mécanismes de fonctionnement, certains « partner hand » sont aujourd’hui un croisement entre une coopérative et une réunion familiale/amicale et les plus organisés ont même des statuts comme n'importe quelle association dite de loi 1901. A Saint-Martin, force est de constater que, les « partner hand » et les associations dites « loi 1901 » sont tous les deux populaires et autogérés par les intéressés sans cadre formel précisément défini. Le « partner hand » dans notre société saint-martinoise a un rôle indispensable et son importance est stratégique ; C’est à partir d’une observation de cette pratique et par extension de la pratique associative que le CESC se propose d’organiser un Forum des Associations. La présence des activités associatives sur le terrain à SAINT-MARTIN est souvent un produit de l'insatisfaction de la part des personnes bénéficiaires des services publics d'une part, et il devient de plus en plus impérieux de pouvoir élaborer un système de gestion de ces « partner hand » et des associations en général étant admis qu'ils peuvent aider à lutter contre le chômage car ils peuvent satisfaire des besoins, pourvoir de l'emploi et n’ont pas pour raison d’être la production de profit. C’est de l’Economie Social et Solidaire.

L'Economie Sociale et Solidaire (ESS) désigne l'ensemble des activités économiques qui, dans une économie en développement comme celle de Saint-Martin, n'ont pas pour motif principal le profit. Ces activités peuvent prendre des formes juridiques variées : associations, mutuelles, coopératives, groupes d'initiatives communautaires, groupements d'initiatives économiques, etc. L'ESS recouvre des structures économiques de dimensions hétérogènes, et la nature de leurs activités se caractérise également par une grande diversité (soutien scolaire, insertion sociale, sport, culture, services à la personne, finance de proximité, logement, troisième âge, parents d'élèves, développement communautaire, etc.). Indépendamment des pays et des régions, l'ESS s'est progressivement constituée pour répondre à des besoins peu ou mal pris en compte par les institutions conventionnelles. Le CESC se propose donc d’aborder au travers de ce Forum des Associations, les différentes facettes de l’Economie Sociale et Solidaire à Saint-Martin: des conditions de son émergence à son rôle dans la protection sociale, en passant par la contribution du commerce équitable, les partenariats publics-privés, l'héritage de la culture saint-martinoise (notamment les Partner Hand). Le CESC veut rappeler utilement la spécificité de l'économie sociale et solidaire, à savoir l'hybridation des ressources entre celles du bénévolat, les cotisations des éventuels adhérents, les subventions, sans oublier les recettes tirées de l'activité elle-même. L’homme reste au cœur de l’économie sociale et solidaire : Il en constitue la finalité. Dans l’ESS, répondre aux besoins des personnes, contribuer au développement local, durable et solidaire, sont des objectifs qui priment sur la recherche du profit financier. L’adhésion est libre : Toute personne qui le souhaite peut participer, adhérer et prendre des responsabilités dans un mouvement ou une entreprise de l’économie sociale et solidaire. La gouvernance y est démocratique : Les dirigeants sont choisis, les instances de décision sont collectives. Les excédents sont au service des projets : Ils sont réinvestis dans le développement des projets et ne servent pas à rémunérer le capital. Les fonds propres ne sont pas partageables. Compte tenu de leur double nature de mouvements de personnes et d’entreprises, les organisations de l’économie sociale et solidaire sont, comme les autres, des entreprises, mais pas des entreprises comme les autres. Si cette économie souligne la nécessité d'un Gouvernement, c'est celle d'un Gouvernement "agissant de façon décentralisée et par subsidiarité". Autrement dit, un Gouvernement qui fait faire, plus qu'un Gouvernement qui fait. C'est dire si le CESC souhaite par le moyen de ce Forum cherche à bousculer nos visions habituelles des choses et afficher un principe apparemment clair (la solidarité), l'économie solidaire comme un défi pour un meilleur vivre ensemble à Saint-Martin.

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Partner hand: A Social and Interdependent economy.

The Advisory council of Saint Martin continues its mission. Its commission on culture, heritage and environment, is conducting an observation, reflexion and analysis regarding some of the characteristic of the society of Saint Martin. Thereby, the Advisory council or CESC hopes to fulfil one of its missions which is the proper representation of the Saint-Martin civil society.

In order to do so, the Advisory council has decided to observe a few non formal mechanisms that strongly determine and characterize the way the people of this country operate.
The “Partner hand” is the coming together, therefore, an association of people who, linked by family, friendship, professional ties, or that live in the same district, on a period of time that varies, meet in order to share their savings for the purpose of solving particular or collective problems. What it is essential here, is that the “partner hand” operates like an association and therefore it helps to understand how fundamental is the role played by formal and legally based associations within the community of Saint-Martin. In short, the “partner hand” is a financial group which is created between people, on a contractual understanding and geared towards helping out.

According to us, the “partner hand” as a mechanism deserves some more attention because of its ability to resist the principles and rules that govern the modern world which also impose themselves on Saint Martin. In many cases the partner hand is a means of fighting against poverty; it opposes its intrusion by granting micro credit or loans to its members. Very often, the partner hand can also be seen as the assertion of an identity; it confers the member with a sense belongership, it becomes a tool of solidarity and an access to social welfare. To some extent it could be considered a sort of “Saint-Martin social security”. Definitely, in many cases, the partner hand is an instrument of social advancement because it allows the improvement of living conditions, the acquisition of certain goods or equipment domestic (radio, television, generator, furniture, etc). Pressed by the demands of urban environment and lifestyle, the “partner hand” has become a particular economic tool. It helps to form the capital of incipient small companies.

While all of the above is true and much more can be said about the partner hand, its absence of a legal frame probably represents its major weakness as a system because it has no means of protecting the participants against abuse by one or more members. That is why, to work better, some “partner hands” today have become a crossing between a co-operative and a family/friendly gathering and the more organized ones even have articles like an incorporated company or 1901 Association. In Saint Martin, both the “partner hand” and associations known as “law 1901” are both popular and self-managed by the interested parties without a precisely definite formal framework. The “partner hand” in our Saint-Martin society has an essential role and its importance is strategic; an observation of this practice and by extension, the wide use of associations on the island has led the Advisory council/ CESC to decide to organize a Forum on the Associations of Saint-Martin and the fundamental role they play within the community.

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